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Pierre-Yves Novalet - Hypnose PTR,

Coaching existentiel, Image & Présence

👉 Traverser les étapes de la vie avec clarté et apaisement

Comment rester fidèle à soi dans un lien profond

Introduction : quand le lien devient flou

Il y a des rencontres qui ne ressemblent à aucune autre.
Elles naissent dans un silence habité, un regard qui accroche, une présence qui change l’air que l’on respire. On sent un lien se tisser, fragile, subtil, presque suspendu dans l’air. Une attention réciproque, un rythme qui s’installe, des gestes qui se répondent.

Et pourtant, très vite, surgit une question silencieuse :
Comment être avec l’autre sans cesser d’être avec soi ?

Aimer, c’est toujours prendre le risque de se perdre.
Ne pas se perdre, c’est risquer de se fermer.
Trouver la juste place entre ouverture et intégrité personnelle est un art. Un art qui demande lucidité, courage et discipline. Car si l’on ne fait pas ce travail, on tombe vite dans deux écueils opposés :

  1. Se dissoudre dans l’autre au point de ne plus savoir qui l’on est.
  2. Ériger des murs pour préserver son identité, au risque d’étouffer le lien.

Ce premier volet de notre série pose les bases : comment rester soi dans l’amour. Les deux suivants — L’autre comme supplément et L’amour créateur — élargiront cette réflexion vers la liberté et la co-création.

L’illusion de la fusion

La culture populaire aime la fusion. Les chansons parlent de “moitié”, de “toi et moi ne faisant qu’un”, de “destin commun”. C’est romantique… mais c’est souvent un piège.

La fusion, ce n’est pas la proximité : c’est la confusion.
Les émotions de l’un deviennent celles de l’autre, les décisions se prennent pour éviter les conflits ou pour préserver le lien à tout prix. On s’efface pour ne pas perdre l’autre, on ajuste son langage, ses habitudes, ses envies, jusqu’à ne plus savoir ce qui nous appartient vraiment.

Exemple concret :

Imagine un couple où l’un aime sortir et l’autre préfère rester à la maison. Au début, le premier suit le second “par amour”. Les sorties se raréfient, les amitiés s’étiolent. L’harmonie semble préservée… jusqu’au jour où l’un des deux réalise qu’il a abandonné une part de lui-même.

La fusion donne l’illusion de l’unité, mais elle coûte cher : elle érode l’identité personnelle et crée une dépendance qui fragilise la relation.

Aimer en verticalité

À l’inverse, rester soi dans l’amour ne signifie pas rester en retrait.
Cela signifie s’enraciner pour mieux s’ouvrir.

J’aime l’image de la verticalité :

  • Les racines plongent profondément dans notre sol intérieur — nos valeurs, notre histoire, notre identité.
  • Le tronc est solide, capable d’encaisser les tempêtes.
  • Les branches s’ouvrent largement, accueillant lumière, vent et pluie.

Plus je suis enraciné, plus je peux aimer librement.
Plus je suis aligné intérieurement, plus je peux accueillir l’autre tel qu’il est, sans chercher à le posséder ou à le modeler.

La verticalité permet de :

  • Poser ses besoins sans les imposer.
  • Ouvrir le lien sans se dissoudre.
  • Offrir sa présence sans craindre de disparaître.

Repères pour ne pas s’effacer

“Rester soi” n’est pas un simple vœu pieux. Cela demande des repères clairs et vérifiables.

  1. Exprimer ses ressentis sans peur
    La liberté émotionnelle est un indicateur clé. Si l’on ne peut pas dire ce qui va ou ce qui blesse, le lien repose sur une façade.
  2. Garder des espaces à soi
    Un hobby, une activité, des moments de solitude… Ces temps nourrissent l’individu et, paradoxalement, renforcent le lien.
  3. Se sentir vivant dans la présence de l’autre
    Si l’on marche sur des œufs, si l’on censure ses gestes ou ses paroles, quelque chose s’est déjà perdu.

Ces repères ne sont pas des règles rigides : ce sont des indicateurs pour détecter quand on commence à s’effacer.

Clarté et sécurité affective

Être clair, ce n’est pas ériger des lois gravées dans le marbre.
C’est offrir un ancrage.

La sécurité affective ne se fabrique pas par le contrôle, mais par la cohérence : quand mes paroles et mes actes sont alignés, quand je suis fiable, quand mes engagements sont tenus.

Important : cette stabilité ne tue pas la spontanéité.
Au contraire, elle libère la créativité relationnelle, car chacun sait où sont les fondations.

Laisser respirer le lien

Tout ce qui est profond se construit lentement.
Vouloir accélérer l’intimité, c’est comme tirer sur une plante pour qu’elle pousse plus vite : on risque de la briser.

Accepter le rythme naturel du lien, c’est accepter :

  • Qu’il y ait des moments de distance.
  • Que l’autre ait besoin de solitude.
  • Que le désir fluctue.

Une relation qui respire alterne proximité et espace, sans que l’un soit vécu comme un rejet.

Le travail intérieur

Se perdre dans une relation n’arrive pas “à cause” de l’autre : c’est souvent le signe que l’on a cessé de se regarder soi-même.

S’aimer soi-même, c’est se rappeler que :

  • Mon identité n’est pas négociable.
  • Mes besoins ont autant de valeur que ceux de l’autre.
  • Je suis responsable de mon équilibre intérieur.

Un lien sain est celui où chacun veille à sa propre lumière tout en veillant à ne pas éteindre celle de l’autre.

Quand la peur prend le dessus

Peur d’être abandonné. Peur de décevoir. Peur de perdre l’amour de l’autre.

Ces peurs — souvent héritées de l’enfance — nous poussent à contrôler, à surcompenser ou à nous sacrifier.
Mais l’amour ne peut pas respirer dans un climat de peur.

Apaiser ses insécurités est un travail personnel. Ce n’est pas à l’autre de les porter. Un thérapeute, un coach ou une pratique introspective peuvent aider à identifier et à transformer ces schémas.

Conclusion : l’amour comme territoire d’éveil

Aimer sans se perdre, c’est faire du lien un espace où chacun peut devenir plus soi au contact de l’autre.

Pas une fusion. Pas une disparition.
Une rencontre vivante et libre.

Cet équilibre n’est jamais figé : parfois on se rapproche trop, parfois on s’éloigne trop. L’essentiel est de revenir à soi pour mieux revenir à l’autre.Dans le prochain volet, nous verrons comment passer de la préservation de soi à l’abondance partagée — quand l’autre n’est plus un complément qui comble un manque, mais un supplément qui amplifie notre vie.