Quand la vie se déroule … sans toi
Tu avances. Tu remplis tes journées. Tu assumes tes responsabilités, tu réponds aux messages, tu tiens bon. Tu fais tout ce qu’il faut.
Et pourtant, quelque chose s’est absenté.
Pas ton efficacité. Pas ton intelligence. Pas ta volonté.
Mais toi.
Tu es là, physiquement. Mais à l’intérieur, il y a comme un écart. Un flottement.
Une impression diffuse que tu vis ta vie sans y être vraiment.
C’est subtil. Personne ne s’en rend compte. Pas même toi, certains jours.
Mais parfois, entre deux silences, ça te frappe : tu es devenu fonctionnel. Mais débranché.
Et tu ne sais plus depuis quand.
Présence fonctionnelle, présence incarnée : une frontière invisible
Il y a cette apparence : le corps est là. Le regard suit. Tu souris. Tu travailles. Tu réponds.
Tout fonctionne.
Mais ce n’est pas ça, être présent.
La présence fonctionnelle, c’est faire ce qu’il faut. Gérer les attentes. Répondre aux obligations. Jouer ton rôle.
La présence incarnée, c’est sentir que tu vis ce que tu fais. Être là, dans ton corps, dans ton souffle, dans l’instant. Pas en pilotage automatique.
On peut être performant sans être habité.
On peut parler, écouter, faire l’amour, tenir un enfant dans ses bras … sans être là.
Ce n’est pas une faute. Ce n’est pas une maladie. C’est un mécanisme.
Un mode de survie devenu norme.
Le burn-out silencieux : tu ne t’écroules pas … tu t’éteins
On parle souvent du burn-out comme d’un effondrement brutal. Un mur. Une chute.
Mais il y a un autre type d’usure.
Plus discret. Plus fréquent.
Celui que personne ne voit.
Tu continues. Tu assures. Tu fais le job. Mais chaque geste te coûte.
Tu avances, vidé.
Ce n’est pas spectaculaire.
C’est sourd.
C’est lent.
Et c’est précisément ce qui le rend si pernicieux : il passe sous les radars. Même les tiens.
Tu tiens bon. Mais à quel prix ?
Ce que dit la science : le lien, pas la performance
Depuis 1938, une équipe de chercheurs de Harvard suit des centaines de personnes pour comprendre ce qui rend une vie épanouie.
Leur conclusion ?
Ce n’est ni l’argent, ni la réussite, ni le statut qui compte.
Ce qui fait la différence, c’est la qualité des relations humaines.
Pas la quantité. Pas la politesse. Mais la connexion vivante.
Et pour cela, il faut être là.
Pas juste physiquement.
Pas en mode « réponse automatique ».
Mais entier. Réel. Présent.
Quand tu t’éteins à toi-même, tu n’as plus accès à l’autre.
Tu peux continuer à vivre socialement. Mais le lien n’y est plus.
Et ton cœur le sait.
Comment savoir si tu avances sans toi ?
Peut-être que tu es concerné.
Peut-être que non.
Voici quelques signes, si subtils qu’on les oublie :
- Tu fais beaucoup … mais tu ne ressens plus rien.
- Tu enchaînes les journées sans souvenir précis.
- Tu ressens une fatigue sourde, même après le repos.
- Tu as du mal à savourer, même les bons moments.
- Tu as tout ce qu’il faut … mais plus rien ne vibre.
Ce n’est pas un bug. Ce n’est pas de l’ingratitude.
C’est un signal.
Un appel intérieur.
Silencieux. Persévérant.
Un appel à revenir à toi.
Ce qu’on ne t’a pas appris
On t’a appris à faire des efforts.
À être responsable.
À tenir bon.
Mais on ne t’a pas appris à revenir à toi.
À écouter ton souffle. À remarquer quand tu t’absentes.
À sentir ton corps au lieu de l’utiliser.
Personne ne t’a dit que fonctionner sans vibrer, ce n’est pas normal.
Et pourtant, une part de toi le sait.
Il n’est pas trop tard.
Revenir à toi ne demande pas d’héroïsme.
Juste un moment. Une attention. Une respiration.
Aphorismes à laisser résonner
On t’a appris à tenir bon. Pas à habiter ta vie.
Le pilote automatique n’a jamais mené au bonheur.
Fonctionner n’est pas vivre. Et tu as droit à plus.
Un espace pour toi …
Et si tu t’accordais quelques minutes ?
Pas pour analyser. Ni pour te juger.
Juste pour observer.
Prends un carnet. Ou ton téléphone.
Note trois moments aujourd’hui où tu n’étais pas vraiment là.
Que faisais-tu ?
Était-ce une habitude ? Une fuite ? Une protection ?
Que ressentais-tu (ou que ne ressentais-tu pas) ?
Et si tu pouvais refaire ce moment, comment serais-tu revenu à toi ?
Tu n’as rien à réussir.
Juste une présence à retrouver.