Derrière le « ça va »…
On le dit, presque par réflexe : « Je vais bien. »
Les mots sortent… mais quelque chose en toi sait que ce n’est pas tout à fait vrai.
Il y a cette fatigue qui ne part pas, même après une nuit complète.
Cette émotion qui monte sans prévenir, comme une vague imprévue, et que tu ravales pour continuer à « tenir ».
Et puis, cette honte discrète… celle de ne pas te sentir plus fort.
Le corps, lui, ne ment pas.
Il raconte une autre histoire.
Une histoire parfois enfouie… mais qui continue de vibrer sous la surface.
Corps et mémoire traumatique
Parfois, ce que tu crois être « toi » n’est qu’une ancienne stratégie de survie.
Un mécanisme affiné au fil du temps pour rester debout.
Le système nerveux se souvient.
Il garde la trace des secousses visibles comme des blessures invisibles.
Des tempêtes soudaines comme de la pluie fine qui tombe des années durant.
Même quand ton esprit veut avancer, ton corps veille.
Il anticipe.
Il protège.
Et parfois, il déclenche l’alarme… alors que tout semble calme.
Comme un vieux gardien qui a vu trop de menaces pour baisser la garde.
Ce que la science confirme
Le psychiatre Bessel van der Kolk l’a montré : les microtraumatismes, tout comme la négligence subtile, laissent des empreintes profondes.
Elles façonnent la posture, la respiration, la manière dont tu ressens le monde.
La théorie polyvagale, développée par Stephen Porges, explique comment le nerf vague régule nos réactions de sécurité ou de survie.
Quand il a été entraîné à détecter le danger, il peut voir des menaces… même là où il n’y en a plus.
Ce n’est pas « dans ta tête ».
C’est inscrit dans tes tissus, dans ta chimie interne.
Ton corps n’invente pas.
Il se souvient.
De la honte à la reconnaissance
Et si cette « faiblesse » n’était pas un défaut … mais la preuve d’une intelligence adaptative qui t’a permis de rester en vie ?
Il n’y a rien à juger.
Seulement à écouter.
À accueillir ce qui tremble, ce qui retient son souffle, ce qui se contracte.
La mémoire traumatique n’est pas un ennemi.
C’est un messager.
Et parfois, le message attend depuis longtemps que quelqu’un l’entende.
Stratégies que tu appelles peut-être faiblesses
- Éviter certaines situations ou personnes
- Dire « oui » trop vite pour éviter le conflit
- Rester en alerte permanente
- S’épuiser à tout contrôler
- Minimiser ses émotions pour « avancer »
Ces comportements ont eu un sens.
Ils t’ont protégé, comme un bouclier que l’on garde longtemps après la bataille.
Mais aujourd’hui, peut-être n’ont-ils plus la même utilité.
Ce qui t’a sauvé hier peut t’entraver aujourd’hui
Il y a des outils qu’on a tellement utilisés qu’ils sont devenus notre seconde nature.
Un peu comme porter toujours un manteau lourd, même au printemps, « au cas où ».
Là encore, ton corps ne se trompe pas : il cherche la sécurité.
La vraie question est de savoir si tu peux, par instants, déposer ce manteau.
Ton corps sait avant toi
Le langage du corps est subtil.
Il parle par une respiration qui se raccourcit.
Par une nuque qui se tend.
Par une chaleur qui monte dans la poitrine.
Ces signaux ne sont pas là pour te punir.
Ils sont là pour t’informer.
Et parfois, juste les reconnaître … change déjà quelque chose.
Invitation à écouter autrement
Essaye ceci :
- Ferme les yeux un instant.
- Porte ton attention sur une zone de ton corps qui semble tendue.
- Respire doucement, sans chercher à changer quoi que ce soit.
Et observe : est-ce une tension ancienne ? Un réflexe appris ? Une trace laissée par un moment précis de ta vie ?
Ce n’est pas un exercice pour « régler » quoi que ce soit.
Juste une manière d’entrer en conversation avec toi-même.
Aphorismes-clés
« La faiblesse est parfois une mémoire qui parle. »
« Ton corps sait avant que tu comprennes. »
« Ce qui t’a sauvé hier peut t’entraver aujourd’hui. »
Invitation introspective
Prends un carnet.
Note trois comportements ou réactions que tu juges comme des faiblesses.
Puis demande-toi :
- À quoi m’ont-ils servi ?
- De quoi m’ont-ils protégé ?
- Sont-ils encore utiles aujourd’hui ?
Ces réponses peuvent déjà ouvrir une porte.
Et parfois, il suffit de passer le seuil pour voir différemment.
Un espace pour toi…
Si ces lignes résonnent en toi, peut-être est-ce le moment de changer le regard que tu portes sur tes ressentis.
Je peux t’accompagner à relire ton histoire, non comme un procès, mais comme une rencontre avec toi-même.