Tu sais que ça ne va plus … et pourtant, tu restes
C’est un matin comme les autres.
La lumière passe à travers les rideaux, mais tu restes immobile, allongé.
Pas parce que tu dors encore.
Parce que ton corps retient quelque chose.
Tu sais que ça ne va plus.
Pas de doute. Pas de flou.
Tu le sais … profondément.
Et pourtant, tu restes.
Comme si tes pieds s’étaient ancrés au sol.
Le cœur en tension, l’esprit en alerte … mais figé.
Ce n’est pas l’ignorance qui te retient.
C’est autre chose.
Une peur sourde, épaisse, qui prend racine dans l’espace entre ta gorge et ton ventre.
L’inaction lucide : comprendre et … ne rien faire
C’est un paradoxe cruel : voir clair, et rester immobile.
Tu sais ce qui devrait changer.
Tu sais où se trouve la sortie.
Et pourtant, chaque jour, tu repousses ce moment.
Pas par manque d’informations.
Pas par indécision.
Mais par peur de l’irréversible.
Par peur de décevoir.
Par peur de perdre … même ce qui te fait mal.
Alors tu attends.
Pas pour réfléchir.
Pas vraiment.
Plutôt pour éviter ce moment précis où tout basculera.
Et plus tu attends, plus l’immobilité devient familière.
Quand la prudence devient une prison
Tu appelles ça prudence.
Mais au fil des jours, cette prudence s’est muée en armure.
Et l’armure … finit par immobiliser celui qui la porte.
Chaque matin passé dans cet état est un jour où les murs se rapprochent, imperceptiblement.
Tu ne t’en rends pas compte au début.
Et puis un jour, tu réalises que tu ne peux presque plus respirer.
Rester est devenu plus coûteux que partir.
L’attente qui abîme
Il y a une attente qui prépare.
Et une attente qui use.
La première te laisse le temps de reprendre ton souffle, de choisir ton moment.
La seconde t’épuise et te vide de ton élan.
C’est comme rester sur le quai alors que le train est déjà parti.
Tu continues à regarder les rails … mais le paysage que tu espérais est déjà loin derrière.
Et plus tu restes, plus tu t’éloignes de ta propre vérité.
Entre l’espace et le mouvement : Viktor Frankl et le choix
Viktor Frankl disait :
« Entre le stimulus et la réponse, il y a un espace. Dans cet espace réside notre pouvoir de choisir notre réponse. »
Peut-être que cet espace, aujourd’hui, tu le remplis d’attente.
Et si tu le remplissais d’un geste ?
Même minime.
Un geste qui ne vise pas à tout résoudre, mais qui brise l’inertie.
Tu peux continuer à attendre … ou faire ce premier pas, si petit soit-il, vers ce que tu sais déjà.
Ce que dit le corps : un messager silencieux
Ce n’est pas seulement ton esprit qui sait.
Ton corps aussi.
Une nuque qui se tend.
Une respiration qui se raccourcit.
Un nœud discret au creux de l’estomac.
Les neurosciences, la théorie polyvagale de Stephen Porges, et les recherches de Bessel van der Kolk sur la mémoire traumatique l’expliquent : l’immobilité face à une décision n’est pas toujours de l’indécision.
C’est parfois une réponse de figement, ancrée dans ton système nerveux.
Ton corps cherche à éviter un danger perçu, même s’il n’existe plus aujourd’hui.
Et tant que tu ne reconnais pas ces signaux, il continuera à croire qu’il te protège.
Signes que tu es dans l’attente qui abîme
- Tu répètes « je dois y penser » depuis des mois
- Tes conversations tournent toujours autour du même problème
- Un poids physique t’envahit rien qu’en y repensant
- Tu trouves toujours une “bonne” raison de ne rien changer
- Tu attends … mais tu ne sais pas quoi
Ces signes ne sont pas là pour te juger.
Ils sont là pour t’informer.
Ce qui t’a sauvé hier peut t’entraver aujourd’hui
Il y a des moments où rester immobile était vital.
Te protéger, gagner du temps, attendre une accalmie.
Mais ce qui t’a sauvé hier peut te retenir aujourd’hui.
Comme porter un manteau épais en plein été … juste au cas où.
Il n’est pas nécessaire de tout jeter d’un coup.
Peut-être suffit-il, pour commencer, d’ouvrir un bouton.
Comment écouter ton corps avant de bouger
- Observer sans intervenir
Ferme les yeux.
Choisis une zone tendue de ton corps.
Observe-la comme si tu étais un témoin extérieur.
Note sa forme, sa température, son mouvemen t… sans rien chercher à changer.
- Nommer sans juger
Mets un mot sur ce que tu ressens : lourdeur, chaleur, résistance, froid.
Ne cherche pas à analyser.
Juste nommer.
- Poser une micro-action
Un appel.
Un message.
Un rendez-vous.
Même minime.
Quelque chose qui t’approche de ta vérité, sans te jeter dans le vide.
Aphorismes-clés
« L’attente n’est pas toujours de la patience. Parfois, c’est un évitement. »
« Savoir et ne rien faire, c’est abîmer sa propre clarté. »
« Un pas timide vaut mieux qu’une certitude figée. »
Invitation introspective
Prends un carnet.
Note une vérité que tu connais déjà mais que tu n’oses pas incarner.
Puis écris le plus petit geste possible pour t’en rapprocher.
Rien que l’imaginer peut déjà être un mouvement.
Un espace pour toi …
Si ces mots résonnent, c’est peut-être le moment de cesser d’attendre que « ça passe ».
Et si on avançait ensemble, un pas à la fois ?
Télécharge librement le carnet Tu t’es oublié – 7 jours pour te retrouver sur novalet.be
Ou écris-moi pour un premier échange.